Chères adhérentes, Chers adhérents de l’UDAP,

Chers amis,

Et maintenant, on fait quoi ?

Le sevrage du quoi-qu’il-en-coûte, de la perfusion financière publique, du fond de solidarité et des régimes spécifiques d’activité partielle, des arrêts de travail sur simple déclaration en ligne, du PGE garanti à 90% par l’état, … s’avère plus compliqué que prévu !

La séquence électorale du printemps 2022 n’aura pas facilité la tâche de nos gouvernants. Reconnaissons-le. Et puis, il fallait bien se faire réélire.

La déstabilisation de l’ordre économique mondial avec la guerre en Ukraine, l’inflation qui revient en force et la hausse des taux vont rendre l’équation d’une extrême complexité.

Le paysage politique de notre pays est inédit dans l’histoire de la 5ème République. La bipolarisation a fait long feu et le schéma actuel d’un bloc central sans majorité avec 2 extrêmes à l’affut est tout sauf durable. Une bombe à retardement pour notre démocratie. Emmanuel Macron se voulait le 1° président d’un nouveau monde. Je crains qu’il ne soit finalement que le dernier de l’ancien monde !

Soyons lucides, la vie ne reviendra plus à la « normale ». Certes, tout cela ne saute pas encore à la figure. Mais quand l’effet grisant de l’été, ses soirées joyeuses et la légèreté qui les accompagne, seront derrière nous, ce sera de la sueur, du sang et des larmes.

D’abord, parce qu’il nous faudra faire face aux impacts économiques de cette séquence interminable de 4 ans, ouverte le 17 novembre 2018 avec les gilets jaunes, puis la réforme avortée des retraites, le Covid, puis l’Ukraine et maintenant l’inflation : difficultés des d’entreprises, petites et grandes, business-models durablement transformés, investissements perdus. Mais, en même temps (sic), une dette publique au zénith … il nous faudra durablement faire avec un Etat-obèse, ses 44,7% du PIB en prélèvements obligatoires en 2020 (43,8% en 2019) et son endettement endémique (118% à la fin 2020).

Ensuite, parce que la crise sanitaire aura accéléré la transformation digitale de notre société : la téléconsultation, le streaming vidéo, les Teams et Zooms qui s’enchainent désormais, les achats en ligne, 24h/24 et 7j/7, hyper-personnalisés et la livraison à domicile se sont généralisés. Une mutation de fond du modèle économique est à l’œuvre.

Mutation sociale également avec le désengagement des salariés (great resignation), les décrochages scolaires qu’on ne mesure pas encore mais qui sont bien là, la dégradation de la santé des français après 2 ans sans prévention …

Enfin, et c’est peut-être le plus grand danger, une mutation supplémentaire, politique celui-là : l’émergence d’une société de la défiance. Le taux d’abstention croissant d’élection en élection et le mouvement des « gilets jaunes » en étaient les marqueurs les plus forts. Un président réélu par défaut et sans programme, l’absence de majorité à l’assemblée en sont les déclinaisons politiques. Notons au passage que la stabilité politique des démocraties voisines n’est pas plus rassurante. Italie, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Autriche sont gouvernés par des coalitions fragiles. En Grande-Bretagne, Boris Johnson vient de rendre son tablier, laissant son pays toujours groggy par le Brexit, dans une piètre situation. Seule l’Allemagne, et encore …

Mais on ne peut pas être responsable et désespéré, disait St Exupéry.

Alors, s’il y a une question à laquelle nous, cadres dirigeants de l’assurance, pouvons répondre par nous-mêmes, c’est celle de la place de l’Assurance dans la société de demain. La RSE s’impose désormais comme un engagement inéluctable pour les entreprises. Par conviction ou par nécessité. En stratégie défensive, pour améliorer une image dégradée, de l’entreprise elle-même ou du secteur d’activité. Ou de manière plus ambitieuse pour différencier son offre, augmenter l’affectio societatis de ses clients, améliorer sa capacité d’influence politique, attirer les talents des nouvelles générations. Les assureurs, pas plus que les autres, n’y échapperont. En ce d’autant plus que les années 2020 et 2021 auront été terribles, avec une image de notre beau métier qui en ressort abîmée. Entre les excédents supposés sur la santé, sa taxe scélérate, euh, pardon, la « contribution Covid », les pertes d’exploitations à « compenser », les contributions obligatoires au fond de solidarité qui en ont découlées, le projet, heureusement avorté, d’une grande sécu, nous évoluons indéniablement en terrain hostile. Quel peut être notre rôle, quelle peut être notre contribution, quel doit être notre engagement social et environnemental ? Jusqu’où l’assurance peut-elle aller et où sont les limites ? C’était le thème de soirée-débat UDAP 2021, que vous pouvez revoir ici https://www.lassuranceenmouvement.com/2021/06/30/les-assureurs-face-a-leur-responsabilite-sociale-et-environnementale/

Dans une société qui se crispe, les assureurs ont évidemment un rôle majeur à jouer. Aux côtés des pouvoirs publics, dont c’est la mission première, qui mieux que les assureurs, acteurs du temps longs, créateurs de confiance, pour soutenir les projets, accompagner les particuliers, comme les entreprises face aux aléas de la vie, et agir positivement sur notre cohésion sociale.

Pour notre soirée-débat 2022, nous avons choisi de poursuivre notre engagement à œuvrer à une société harmonieuse. Le thème de cette année sera The Great Resignation, avec des acteurs économiques majeurs, voire « systémiques », qui partageront avec nous leurs visions et leurs convictions :

Bruno ANGLES , Directeur Général AG2R LA MONDIALE
Diane DEPERROIS , Directrice Générale Axa Santé & Collectives
Philippe VIVIEN, Vice-Président Alixio

Rendez-vous lundi 26 septembre 2022 https://www.udap.fr/soiree-debats-the-great-resignation-lundi-26-septembre-2022-a-18h/  

 

A l’UDAP, nous continuerons toujours à œuvrer, dans l’éthique et les valeurs de la CFE-CGC, au bien-être au travail, à l’environnement, au progrès social, à l’éducation, à l’éveil à la pensée critique et à la culture, leviers indissociables de l’autonomie, de la liberté, de la dignité.

Nous continuerons à porter la voix des cadres dirigeants de l’assurance et de la protection sociale sur les sujets d’actualité partout où elle doit l’être. Nous continuerons à vous accompagner dans vos évolutions professionnelles, comme à créer les conditions de rencontre entre dirigeants. Enfin, nous continuerons à faire vivre le débat républicain pour que l’Homme reste au cœur de toutes les préoccupations.

Si nous sommes à votre disposition, nous sommes également à votre écoute. Alors, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées, interrogations, sujets de préoccupations, ou simplement vos réflexions sur l’évolution du métier de dirigeant.

Très sincèrement

Djamel SOUAMI, Président

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